,

Encore un article sur La La Land… Désolé !

pas désolé du tout en fait

La La Land

Vous en avez sûrement déjà entendu parler et pourtant il ne sort en France que la semaine prochaine (si vous lisez cet article avant dimanche 22 janvier 2017 bien entendu), La La Land de Damien Chazelle est déjà un véritable phénomène. Adulé par tous, spectateurs et critiques, il a fait l’unanimité aux derniers Goldens Globes en remportant un nombre record de prix. Tous s’entendent pour dire qu’il renouvèle le genre de la comédie musicale à l’américaine tout en lui rendant hommage (il n’y a qu’à voir la page IMDb du film).

Déjà, là où les articles se trompent la plupart du temps c’est que, selon ce que j’ai pu lire ici et là dans les médias français, il n’y aurait jamais eu de tentatives réussies depuis le fameux âge d’or de la comédie musicale américaines des années 50-60 toi même tu sais. C’est quelque chose de très français et très « moderne » que de bouder au cinéma ce qui est musical et anglophone.

Probablement à cause d’un souci d’adaptation qui fait que toutes les comédies musicales qui nous sont venues outre-atlantiques ne sont jamais doublées en français pour les chansons (on ne compte évidemment pas les films d’animation musicaux, notamment les Disney, qui font office d’exception) et donc bien souvent sous-titrées. Ce qui donne une œuvre un peu hybride où dialogues sont en VF tandis que les chansons sont en VO, difficile au spectateur d’adhérer j’imagine.

La La Land

Le tout venant étant habitué à sa VF -qui, il faut bien l’avouer, est quand même souvent de qualité sur les grosses productions américaines- n’ira pas voir le film en tout VO et c’est bien dommage. Du coup, les films musicaux ne marchent pas top en France et La La Land serait le renouveau ? Pourquoi média français, pourquoi ?! Il serait temps de sortir un peu de l’hexagone pour voir que Chicago (2002) de Rob Marshall a fait un carton jusqu’à décrocher le prestigieux Oscar du Meilleur film l’année de sa sortie.

Loin d’être un cas isolé, il a donné lieu à de nombreux films voulant surfer sur la vague de l’adaptation d’un musical de Broadway. Certains avec beaucoup de réussite, d’autres moins -une pensée à l’excellent Les Producteurs (2006) de Susan Storman très injustement boudé à sa sortie- et de là à dire que La La Land s’inscrit dans cette continuité il n’y a qu’un pas. Entre Chicago et ce dernier il n’y a que peu eu d’essoufflement de l’engouement envers le genre. En 2013, Les Misérables de Tom Hooper faisait vibrer le monde (moins la France) en remportant, lui aussi, de nombreuses distinctions dans les cérémonies dédiées et un bon pactole au Box Office US.

Après ce petit rappel que, non, la comédie musicale américaine était loin d’être morte et tout juste déterrée, parlons de La La Land. C’est hyper bien, allez le voir. Bisous.

La La Land

Je pourrais vous parler de la sensation que ce film m’a procuré quand j’étais installé dans cette salle de cinéma dans le Queens. Je pourrais vous parler de la séquence musicale d’ouverture complètement bandante, un énorme plan séquence sur une route bouchonnée où les gens se mettent à danser aux travers des voitures sous le soleil de Los Angeles.

Je pourrais également vous parler des deux interprètes principaux, Emma Stone et Ryan Gosling qui sont bluffants dans leurs rôles multi-fonction de jeu, danse, chant et piano pour lui. Je pourrais vous parler du soin apporté à la bande musicale et aux thèmes principaux qui nous font traverser à plusieurs reprises les frontières de l’espace-temps dans une forme de distorsion qui me faisait décoller de mon siège à l’instar de la séquence du planétarium.

Je pourrais aussi vous parler de la beauté apportée à chaque plan de ce film, une esthétique efficace au service d’un montage bluffant qui vous fait ressentir des choses vraies et fortes si bien qu’on est encore dedans plusieurs heures après la fin du film (un final riche et rempli de trouvailles de mise en scènes absolument géniales). Je pourrais mais je n’ai pas le temps de vous parler de tout ça, je dois écouter la bande originale du film pour la 626ème fois et danser. Désolé.

(Encore une fois, pas du tout désolé en fait)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *